Hainan Airlines envisage un hub européen à Zaventem
07-04-2010
Manifestement, la Belgique plaît à Hainan, le groupe qui contrôle la première compagnie aérienne privée de Chine. Il a ouvert des liaisons directes Pékin-Bruxelles et, à partir du 28 mai, ses avions voleront trois fois par semaine entre la capitale européenne et Shanghai. Hainan a aussi repris trois hôtels de l'ex-Sabena et dispose d'un centre administratif à Bruxelles.
Le groupe veut aller plus loin et envisage d'installer à Bruxelles-National son hub européen, afin de relier la Chine à d'autres pays européens et, surtout, au continent africain. Zaventem est ici en concurrence avec Budapest et Berlin, deux autres aéroports européens desservis par Hainan Airlines. C'est dans la même optique que le groupe chinois avait manifesté, l'an dernier, son intérêt pour une prise de participation dans l'aéroport de Gosselies (BSCA). Le trop faible apport en cash et les exigences en matière de superficie (notamment pour gérer le développement commercial autour de l'aéroport) n'ont pas permis à l'offre d'être retenue.
Hainan n'a donc pas gommé la Belgique pour autant. Son président, Chen Feng, l'a fait savoir mardi à Pékin lors d'un dîner privé avec le ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere. "Le groupe Hainan, c'est beaucoup plus qu'Hainan Airlines, a commenté le ministre à l'issue de la rencontre. La Belgique a tout intérêt à se monter alerte et à saisir les opportunités qu'offrent les sept business units du groupe."
Outre sa compagnie aérienne, il s'agit des aéroports (Hainan en gère onze), de la finance (13 centres de service financier), de la logistique (5 sociétés de transport maritime), de l'immobilier, des centres commerciaux et du tourisme (47 hôtels, dont ceux de Bruxelles et Wavre). Dans son actionnariat, figure Georges Soros avec près de 20%. Il n'est donc pas inintéressant de chercher à enraciner un tel groupe en Belgique.
La diplomatie belge aimerait aussi que Hainan Airlines passe à des liaisons quotidiennes entre Bruxelles et Pékin (4 par semaine actuellement) et à terme avec Shanghai. Une telle évolution symboliserait l'attrait de la Belgique pour les décideurs chinois.
Hainan agit chez nous en partenariat avec Brussels Airlines. Elle n'apprécierait que moyennement l'intégration de son partenaire dans Star Alliance, où on retrouve déjà la compagnie publique Air China. Une rencontre à Pékin entre Brussels Airlines et Hainan est prévue prochainement, afin de lever les malentendus.
RESPECT DES BREVETS
Lors de sa visite de deux jours à Pékin, Steven Vanackere a notamment pu rencontre le vice-président Xi Jinping, ainsi que les ministres du Commerce et des Affaires étrangères. "C'est le signe que notre pays les intéresse et pas seulement parce que nous allons prendre la présidence tournante de l'Union européenne au prochain semestre", estime Vanackere.
Il a relayé auprès de ses interlocuteurs les critiques des entreprises sur le respect de la propriété intellectuelle en Chine. "Le fait que ce soit des entreprises qui le disent et qu'elles soient susceptibles de se tourner vers l'Inde, les Philippines ou la Malaisie interpelle quand même la Chine", analyse-t-il.
"C'est parfois un choix faustien pour les entreprises, renchérit Gérard Seghers, conseiller de l'Awex à Pékin. Quand on arrive avec un produit neuf, les Chinois le disent franchement: quand pourra-t-on le produire nous-mêmes? Le rythme de la transmission du savoir et du savoir-faire est essentiel. Et il ne faut en tout cas rien donner gratuitement." Des entreprises ont eu la désagréable surprise de voir leurs produits copiés peu après qu'elles eurent remis aux autorités chinoises toutes les spécificités en vue de l'enregistrement…
Heureusement, parfois l'histoire se termine bien. C'est le cas de BEA, une société liégeoise spécialisée dans l'ouverture automatique des portes. Les copieurs chinois ont réussi à apporter une petite amélioration à son produit. Quand ils ont été démasqués, BEA a pu profiter de ces améliorations
