Le Roi invité au Congo le 30 juin

20-01-2010

Premier voyage en Afrique pour Steven Vanackere (CD&V), qui est arrivé lundi soir à Kinshasa, accueilli par son homologue congolais Alexis Thambwe, tout sourire, qui accompagna le Belge jusqu'au lobby de son hôtel. Le récent incident diplomatique avec la commission européenne, créé par Kinshasa, mécontent des propos critiques sur le Congo prononcés par le commissaire au développement Karel De Gucht, affectera-t-il la visite de son compatriote ? "Certainement pas” répond M. Thambwe, radieux. Même désir de souligner la différence entre Karel De Gucht et la Belgique à la présidence congolaise : le programme de M. Vanackere a été bouleversé pour inclure un voyage au Katanga, où le président Kabila, en tenue décontractée, a reçu le ministre belge dans une paillotte, au bord d'une jeune orangeraie de sa Ferme de l'Espoir. M. Vanackere ne se sent-il pas la cible d'une opération séduction ? "Il est difficile de me séduire”, répond-il, "même si je suis touché par la chaleur de l'accueil. Je suis un pragmatique, convaincu surtout par les actes concrets.” A l'issue d'une heure d'entretien, le président Kabila a assuré qu'une invitation officielle au roi Albert II, pour assister à la commémoration des 50 ans d'indépendance du Congo, le 30 juin, était "déjà” envoyée. Bruxelles n'a pas encore répondu mais, dit le président "la diplomatie prend parfois du temps. Nous, on espère vraiment qu'il va venir”. Invité par la presse à comparer M. Vanackere à M. De Gucht, le chef d'Etat glisse, dans un rire nerveux : "Je ne sais pas”. Mais il se sent bien avec monsieur Vanackere ?, insiste-t-on. "Je suis bien avec la Belgique”. Le ministre belge de son côté estime que "le dialogue qu'on doit avoir avec les Congolais doit permettre de dire des choses, mais être constructif et surtout respectueux”. Interrogé au sujet de Karel De Gucht avant d'arriver à Kinshasa, M. Vanackere avait dit "se démarquer de la diplomatie du mégaphone. C'est le ton qui fait la musique. Mais au niveau du contenu, ce qu'a dit monsieur De Gucht au Parlement européen, ce sont des faits. Et cette analyse est partagée.” Et d'annoncer : "ce sera ni complaisance, ni arrogance et s'il y a des progrès à faire dans les relations entre les deux pays il faut voir ce qui peut être fait.” Les Congolais ont une sensibilité particulière vis-à-vis de la Belgique; cela rend-t-il les choses plus difficiles ? "Nous aussi, nous avons nos susceptibilités : nous avons une opinion publique qui est très inquiète sur certaines choses qui se passent au Congo.” M. Vanackere a souligné qu'il voulait une diplomatie qui insiste sur les points "où la Belgique peut faire la différence”. "Nous ne sommes pas numéro 1 en Afrique centrale mais nous sommes un des joueurs.” Et de noter que "l'union européenne et l'onu nous demandent moins notre avis sur le Congo lorsque nous sommes en mauvais termes avec Kinshasa”. Mais lorsqu'il a vu la secrétaire d'Etat américaine, Hilary Clinton, fin décembre, "il était clair qu'elle s'attendait à ce que la Belgique ait une position sur le Congo et elle voulait la connaître”.

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