Une nouvelle vitrine belge à Tokyo
08-04-2010
Sept cents personnes sont attendues, cet après-midi, Nibancho, 5-4, à Tokyo, pour inaugurer la nouvelle ambassade belge. Lorsqu'Yves Leterme baptisera le bâtiment, à 16 heures, il mettra fin à un feuilleton diplomatico-budgétaire de plusieurs années… Plusieurs ministres fédéraux du Budget ont lorgné l'ancien bâtiment (qui abritait les bureaux mais aussi la résidence de l'ambassadeur), un havre de paix et de verdure dans un quartier bien coté, non loin du Palais impérial. Une poule aux oeufs d'or, que le fédéral se décide finalement à vendre à l'automne 2006, sur proposition de Karel De Gucht. Le gouvernement Verhofstadt table à l'époque « sur 115 à 230 millions », produit de la vente du terrain (l'ancien bâtiment étant voué à la démolition). « Nous l'avons vendu 418 millions », affirmait, ce mercredi, l'ambassadeur belge.
Deux tiers du terrain ont été cédés ; l'administration de la Coopération japonaise y a érigé un nouveau bâtiment. Sur le tiers restant propriété de l'Etat belge, l'architecte japonais Noriake Okabe a érigé un bâtiment aux lignes épurées. Dont coût 25 millions. A l'intérieur, une collection d'oeuvres, essentiellement d'artistes belges : Marie-Jo Lafontaine, Michel François, Pierre Alechinsky, Léon Spilliaert, Panamarenko. On se bousculait déjà, ce mercredi, autour des toiles et clichés… C'est que l'ambassade belge accueille, pour deux jours, la Conférence diplomatique qui réunit à Tokyo les ambassadeurs et consuls généraux en poste en Asie. Steven Vanackere, à peine arrivé de Chine, l'a ouverte. Le ministre des Affaires étrangères (CD&V), n'y est pas allé par quatre chemins. « Le Service d'action extérieure de Catherine Ashton arrive. »
Et ce service diplomatique européen, qui représente les intérêts des Vingt-Sept sera une concurrence évidente pour les ambassadeurs nationaux : « Vous devez donc vous demander en quoi vous pouvez être meilleur », insiste Steven Vanackere. Qui martèle la réponse : « Dans la diplomatie économique ! » Sous-entendu : on ne peut attendre d'un ambassadeur sous casquette européenne qu'il défende les intérêts économiques de certains pays membres. La balle est donc dans le clan de nos diplomates, insiste le ministre des Affaires étrangères (paraphrasant Yves Leterme et, avant lui, Karel De Gucht). Et d'oser un « je ne sais pas si c'est pour vous, ambassadeurs, le domaine dans lequel vous vous sentez tous le plus à l'aise »… Mais au fait n'est-ce pas un domaine plutôt réservé aux Régions ? Faut-il dès lors voir, de la part des deux CD&V, un plaidoyer pour une refédéralisation du Commerce extérieur ? Le soir, Yves Leterme corrige (et démine) : « La répartition actuelle des compétences marche, si on agit de manière loyale. Mais clairement, le fédéral a un rôle utile à jouer. » Ouf, pas de nouveau chapitre communautaire à inscrire au menu de Jean-Luc Dehaene.
