Vanackere prône la prolongation du mandat de l'ONU au Congo
07-04-2010
Le dossier congolais s'est invité à la rencontre entre le ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere, et son homologue chinois Yang Jiechi, hier à Pékin. Ce n'est évidemment pas un hasard, quand on connaît l'activité économique de la Chine en Afrique centrale ces dernières années. Vanackere estime que le calendrier de retrait de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc) est " trop ambitieux ". "Je comprends parfaitement le souhait des Congolais de régler eux-mêmes leurs questions de sécurité, précise-t-il d'emblée, mais les échéances sont trop rapprochées." Le désengagement actuellement prévu est un départ du pays pour la fin 2010, sauf pour l'est du Congo où le retrait aurait lieu un an plus tard. Vanackere préfèrerait que l'on s'accorde sur des objectifs à atteindre, plutôt que de fixer des dates de retrait. Le ministre chinois a écouté la suggestion avec intérêt, semble-t-il.
Les deux pays semblent d'accord sur l'intérêt d'aborder le dossier sous l'angle régional, en impliquant les pays voisins. "Des initiatives économiques –je songe à l'énergie hydraulique- peuvent permettre au Congo, au Rwanda et au Burundi de travailler ensemble, explique Vanackere. Cette approche est naturelle pour les Chinois qui pensent d'abord ‘économie' et y greffent ensuite, éventuellement, la politique. "
Au cours de son entretien, le ministre belge n'a pas éludé la traditionnelle question sur les droits de l'homme, qui irrite tant à Pékin. Il a notamment rappelé à Yang Jiechi que le Traité de Lisbonne augmentait les pouvoirs du Parlement européen, notamment pour l'adoption de traités internationaux. Or, cette assemblée est particulièrement sourcilleuse sur les droits de l'homme…
En matière de droits sociaux, c'est plutôt la rencontre avec le vice-président Xi Jinping qui aura réjoui Steven Vanackere. Le vice-président a insisté sur la nécessité de relever le niveau de vie moyen en Chine et de ne laisser personne au bord de la route du développement. "J'espère que c'est plus qu'un discours car c'est très important en terme de stabilité du pays ", conclut le ministre des Affaires étrangères.
