LE DOMAINE DE COMPETENCES DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

26-01-2010

Le Ministre des Affaires étrangères est en charge de la défense des intérêts de notre pays et de ses ressortissants à l'étranger. Il s'agit d'intérêts les plus divers, comme : toutes les formes imaginables de services aux Belges se trouvant à l’étranger (de l’accueil des personnes dans le besoin à l’organisation d’élections parlementaires pour les Belges à l’étranger, la défense des intérêts commerciaux dans des institutions telles que l’Organisation Mondiale du Commerce, la défense des intérêts politiques et économiques dans les relations entre la Belgique et d’autres pays, la contribution à l’élaboration ou au renforcement de structures et organisations internationales au profit de la paix et du développement, les droits de l'homme et les droits et libertés fondamentaux, la solidarité politico-militaire entre alliés, la collaboration judiciaire et la lutte contre l’impunité, etc.
Une attention toute particulière est accordée à l’Union européenne qui, en tant qu’entité plus large et partenaire d'une étroite collaboration, constitue un levier important pour notre pays dans son approche des défis majeurs soulevés par la mondialisation. A l’évidence, ce point est encore plus d’actualité à la veille de la présidence belge à l’UE, au second semestre 2010. Au sein de notre structure fédérale, le travail du Ministre se concentre sur la collaboration avec les Communautés et les Régions, plus précisément dans la mesure où elles disposent ou partagent des compétences en matière de politique étrangère et de relations internationales.
Bien entendu, le Ministre peut compter sur des collaborateurs et des moyens pour remplir sa mission comme il se doit. Assisté par les collaborateurs de son cabinet, il fait volontiers appel aux services de nombreux fonctionnaires dévoués et compétents, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. Le Service public fédéral Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement emploie quelque 3.400 fonctionnaires. Ils sont environ 1.400 à siéger à la Direction générale à Bruxelles, tandis que les 2.000 autres occupent des postes diplomatiques et consulaires aux quatre coins de la planète.

Présidence européenne

Tous les six mois, un nouvel Etat membre prend la présidence de l’Union européenne. Le 1er juillet 2010, la Belgique siègera à la tête de l’Union pour la douzième fois déjà ! Notre pays aura alors une chance unique pour, pendant six mois, marquer de son empreinte les travaux de l’UE.
Cette présidence sera néanmoins fortement différente des mandats belges précédents. L’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne le 1er décembre 2009 implique notamment que la présidence du Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement ne reviendra pas à notre Premier Ministre, mais bien à notre compatriote Herman Van Rompuy, nommé Président fixe pour une durée de 2 ans et demi. En outre, la Belgique ne représentera plus l’UE dans les matières de politique étrangère et de politique de sécurité, une tâche qui incombe désormais à la Haute représentante de l’UE, Catherine Ashton.
Cela ne signifie pas que la Belgique jouera un rôle de moindre importance pendant son mandat. Les politiciens et fonctionnaires belges auront toujours à préparer et présider des centaines de réunions européennes et d'ainsi, pendant six mois, jouer un rôle déterminant dans la prise de décisions de l'Europe sur des thèmes variés à souhait tels que l'asile et la migration, la justice, l'agriculture, les finances, les transports et le marché domestique, etc.
La présidence va toujours de pair avec un programme de priorités politiques pour les six mois à venir. Il est encore trop tôt pour déterminer le contenu véritable des priorités pour la présidence de la Belgique, mais l'on peut déjà parier sur certains thèmes qui figureront certainement à l'ordre du jour pour le second semestre de cette année : l’exécution des nouvelles dispositions du Traité de Lisbonne portant notamment sur l’élaboration d’un service diplomatique européen propre, la poursuite de la coordination des mesures européennes et nationales afin de sortir de la crise économique et financière et la problématique liée à l’élargissement de l’UE (pensez notamment à la candidature de la Turquie). En outre, la Belgique accueillera en octobre 2010 l’important sommet de l’ASEM, qui réunit les chefs d’Etat et de gouvernement européens et asiatiques.

Les relations transatlantiques

L’élection du Président Obama ouvre la voie à de nouvelles opportunités pour concilier nos forces et s’attaquer ensemble aux défis d'envergure mondiale. Il est plus que jamais évident qu’il n’existe aucune contradiction fondamentale entre la solidarité transatlantique et l'unification européenne. Dans l'Union européenne, cette solidarité couvre tous les domaines. Elle joue sur les plans politique et économique, mais influence également la collaboration judiciaire, le renforcement de la sécurité « intérieure » et la défense internationale. L’UE et les Etats-Unis entendent faire face ensemble aux grands défis soulevés par la mondialisation, notamment en ce qui concerne la politique en matière d’économie mondiale et de changement climatique. Bien entendu, faire front ensemble n’est possible que si l’UE parle d’une seule voix. A cet égard, le nouveau Traité de Lisbonne (impliquant la réforme des institutions de l'Union) constitue un pas important dans la bonne direction. Afin d’assurer la collaboration nécessaire, l’UE devra se positionner en tant que partenaire critique mais loyal et digne de confiance des Etats-Unis, dans un esprit de dialogue renforcé et d'action conjointe. Si l’UE collabore activement avec les Etats-Unis sur le plan de la sécurité internationale, par exemple en déployant une flotte au large de la Somalie ou en accueillant les détenus de Guantanamo, elle pèsera davantage dans la balance à l’égard de Washington lorsqu’elle plaidera pour une collaboration plus étroite en ce qui concerne le changement climatique ou le renforcement de la Cour pénale internationale dans sa lutte contre l’impunité de par le monde.

Afrique

Pour des raisons historiques évidentes, la Belgique entretient des rapports étroits avec l’Afrique centrale. Le Congo (la République démocratique du Congo), le Rwanda et le Burundi en particulier sont des pays avec lesquels la Belgique est très proche. Cette région témoigne d’une dernière décennie mouvementée. Dans des pays comme le Rwanda, les blessures du passé se cicatrisent petit à petit. Si la paix revient lentement, certaines régions, comme le Congo de l'est, restent encore plongées dans une situation difficile. Ces dernières années, la Belgique a pleinement soutenu le mouvement de paix de cette région par le biais de sa diplomatie. Elle continuera à le faire au cours des prochaines années. Notre pays s’est également investi afin d’obtenir un engagement européen solide au profit de cette région. L’année 2010 est importante pour le Congo, qui fêtera les cinquante ans de son indépendance. La Belgique sera également de la fête. Les relations entre la Belgique et son ancienne colonie connaissent très souvent des « hauts et des bas ». Cet anniversaire est une occasion pour chercher à mettre en place des relations plus sereines. En outre, la Belgique occupera la présidence de l’UE au second semestre 2010. Notre pays pourra dès lors placer la totalité de l’Afrique, et pas seulement l’Afrique centrale, à l’ordre du jour européen, ce qui est déjà prévu. En effet, le sommet biennal UE/Afrique se tiendra en Lybie à la fin de l'année. L’objectif de cette initiative est d'insuffler un nouvel élan à la collaboration entre l'Union européenne et l'Afrique.

Service consulaire

Les Belges résidant à l’étranger, temporairement ou non, doivent pouvoir compter sur une offre de services claire : assistance consulaire s’ils se retrouvent plongés dans des difficultés, intervention et assistance diplomatique en cas de comportement désobligeant à leur égard, services administratifs pour lesquels les ambassades et les consulats endossent le rôle des « maisons communales » à l’étranger, etc. Le SPF Affaires étrangères fait en sorte que ce service soit garanti et amélioré si nécessaire. Par exemple, il veille à ce que les postes diplomatiques et consulaires à l'étranger soient pourvus de la meilleure façon qui soit, afin de délivrer des preuves d'identité et des passeports aux ressortissants belges et de traiter les demandes de visa de manière précise, rapide et convenable. Autre exemple, il est actuellement examiné de quelle manière renforcer l’implication des Belges à l’étranger dans les affaires de leur patrie, notamment en rendant la participation prévue par la loi aux élections belges la plus accessible à tous.

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